Histoire, science et sciences des religions

L’histoire comparée des religions est née au XIXème siècle en Europe de l’intérêt grandissant pour les religions extra-européennes et pour l’origine et les fonctions de ‘la religion’ en général. La première chaire universitaire européenne, intitulée « Histoire des religions et des systèmes sociaux », fut fondée à Genève en 1876. Dès son origine, la nouvelle science a cherché à combiner l’étude de traditions culturelles avec l’analyse des systèmes sociaux, indépendamment de positions religieuses normatives et de toute valorisation religieuse.
Envisagée aujourd’hui comme une science sociale et de la culture, en constante interaction avec d’autres disciplines scientifiques, la discipline étudie les pratiques, les représentations et les formes sociales du religieux dans leurs contextes historique, social et culturel. Elle a étendu ses perspectives de recherche aux sciences sociales pour mieux appréhender l’évolution du champ religieux dans le monde contemporain.

Remarque terminologique: Le singulier « science des religions » est inhabituel en français et dans les langues latines, qui lui préfèrent le double pluriel « sciences des religions » ou l'appellation « histoire (comparée) des religions ». Dans l'esprit des fondateurs de notre société, qui s'inspiraient du terme allemand « Religionswissenschaft », le singulier devait indiquer et revendiquer l'unité, voire l'intégrité d'une discipline académique en tant que telle. Le pluriel « sciences des religions » souligne plutôt la pluralité des approches méthodologiques et fait référence notamment aux sciences sociales telles que l'anthropologie, la psychologie ou la sociologie. Quant à l'appellation « histoire des religions », longtemps dominante mais aujourd’hui un peu en retrait, elle désigne une approche plus historique de la discipline.